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Géopolitique fiction

2021: Pyongyang et la diplomatie du basket

20 October 2017 - 2021: Pyongyang

 

On disait les choses immuables, gravées dans le marbre de ces bâtiments pharaoniques qui caractérisent si bien le « royaume ermite ». Le règne sans fin de la terreur, la paranoïa à tous les étages et une population hypnotisée par un fou déguisé en dieu soleil qui se voyait récompensée de son apathie par les jeux du cirque revisités. Ad vitam aeternam. Notre imagination restreinte à ce mauvais film de série B où un Docteur Folamour marxiste mû par sa seule haine d’un système qui l’a rejeté lancerait son armée de zombies basanés à l’assaut de la paisible Amérique pavillonnaire. Du sensationnel pour exciter la bourgeoise, du gras pour la presse avide de frissons et l’assurance côté politique d’un ennemi du peuple bien grimaçant qui masque parfaitement leurs amitiés encombrantes et leurs interventions militaires lamentables. Et pourtant…

Pourtant le pays changeait, les Nord-Coréens qui n’avaient connu qu’une longue éclipse apercevaient au lointain une aube bariolée qui devait changer le cours de leurs vies monochromes. Le petit commerce se libérait progressivement de ses entraves mais l’Occident dissertait sur la probabilité d’une guerre nucléaire, les Zones Economiques Spéciales se multipliaient, le niveau de vie de la population augmentait pendant que les moqueurs disséquaient l’allure imbattable des dirigeants ou glosaient sur les vestiges du stalinisme. La critique d’un régime ossifié et de la survivance du communisme le plus anachroniquement orthodoxe comme parfait parallèle de notre aveuglement.

Puis il y eut cette annonce détonnante un triste mardi d’automne qui prit de court tous les experts autoproclamés de la péninsule : MM. Sanders et Kim assisteront à un match de basket entre les New York Knicks et les Chicago Bulls au Madison Square Garden avant de signer le lendemain un traité de paix historique à Camp David sous la médiation des Nations Unies. Un tournant historique que l’on doit à l’obstination du diplomate le plus accro aux stupéfiants des Etats-Unis d’Amérique, au seul Ambassadeur de la paix à jongler entre relations sulfureuses, condamnations pour conduite en état d’ivresse, tatouages et doigt d’honneur aux bon goût.

 

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Hamhung, 21 novembre 2021.

Les rues du nouveau centre touristique du pays, jusqu’à peu ville industrieuse sans relief, étonnent par leur calme en cette fin d’après-midi. Les retardataires s’empressent de rentrer chez eux à pied, à vélo ou en hoverboard pour ne pas rater l’événement du siècle. Choi Ji-Jung aussi qui a fermé sa boutique d’électroménager plus tôt que de coutume pour rejoindre son immeuble communautaire du centre-ville. Ce petit bout de femme précieuse et volubile au rire si communicatif fait partie des pionniers du « souffle nouveau », campagne lancée par le régime en 2019 pour favoriser l’initiative privée. Des centaines de milliers de citoyen ont ainsi pu, sous le strict contrôle du ministère du Travail, créer leur petit commerce et accéder à la propriété. Inimaginable il y a encore quelques années.

Comme tous les Nord-Coréens, Ji-Jung est particulièrement agitée depuis qu’hier la présentatrice Ri Chun-Hee est apparue sur tous les écrans du pays pour annoncer qu’une délégation conduite par le chef des armées se rendrait aux Etats-Unis pour la première fois depuis la création de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Après s’être douchée, apprêtée, Ji-Jung a enfilé son plus beau joseonot[1], bleu comme le ciel de sa Corée, et préparé son nectar préféré, un thé blanc des montagnes qui vient enrober de son parfum légèrement acidulé leur petit salon rangé avec minutie. Assise entre son époux et leur fils Bon-Hwa, elle s’apprête à vivre une révolution : la visite officielle du maréchal Kim Jong-Un aux Etats-Unis. Aussi taciturne que sa femme est expressive, Chin-Hae proclame pour se donner du courage : « – Les impérialistes se sont enfin rendu compte de notre force ! Ils peuvent s’estimer heureux que notre grand leader soit aussi bienveillant. » Le couple reste crispé de longues minutes à attendre l’astre qui descendra du ciel pour les guider vers des prairies vertes d’espoir absolu où ils pourront batifoler dans le bonheur et s’éclabousser d’insouciance cristalline. Au bout d’une demi-heure étouffante, le voilà qui apparaît sous les hourras, rond et jovial comme à son habitude. Pendant que la présentatrice commente les moindres faits et gestes de leur bien-aimé maréchal, s’époumone et jubile, le salon familial recouvre la sérénité. Debout dans une voiture noire décapotable qui fend la foule, le jeune président, suivi de plusieurs dizaines de véhicules noirs, se dirige vers un avion que le monde découvre pour la première fois. Tout au long de son passage, des presque orphelins de père pleurent à chaudes larmes, se cramponnent à leur voisin de peur de succomber, hurlent à la mort ou se jettent sur le sol pavé d’abandon et de vide.

Une vielle dame aux cheveux noirs de jais témoigne à la télévision nationale : « – Bien que ça soit très dur pour nous de le savoir si loin, nous savons qu’il agit pour le bien de la République populaire démocratique de Corée et pour celui de son peuple. » La présentatrice, les larmes aux yeux mais le cœur léger, annonce qu’une nouvelle édition ouvrira le lendemain à 8 heures sur l’accueil du président à sa descente d’avion par « le responsable de l’administration américaine ». Ji-Jung, Chin-Hae et leur fils ont suivi les deux heures du programme télévisé sans en perdre une seule seconde. Soulagés, ils s’installent à table et dégustent un galbi tang, ragoût composé de viande bœuf et de légumes frais, dans un silence à peine troublé par les bruits de baguettes et de déglutition sonore. Au moment de se coucher, ils se remémoreront probablement les récits épouvantés des anciens sur les bombardements américains lors de la guerre et l’anéantissement des principales villes de Corée du Nord. Les millions de vies arrachées par l’Empire pendant que les survivants se terraient comme des rats dans les grottes et les tunnels pour échapper au bruit de l’enfer et aux torrents de napalm. Et comment oublier l’embargo, les privations terribles, les hivers qui n’en finissent plus et la nourriture qui fut si rare lors de « la marche de la souffrance » ? Ils rumineront les menaces, les intimidations et les insultes puis s’endormiront, repus, sûrs de la grandeur de leur peuple, de leur supériorité sur ces ennemis d’hier qui admettent enfin leur défaite morale et stratégique.

 

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Base aérienne d’Andrews, Maryland le 22 novembre 2021.

« – Putains de Coréens ! » Marc Mac Call, agent de la C.I.A. en charge de la sécurité des visites officielles se ronge d’anxiété. Trapu, chauve, buriné, le regard glacial, il porte en toute occasion un costume trois pièces fonctionnel et enfile ses Ray Ban au premier rayon de soleil. Sans s’en rendre compte, il est devenu le cliché du vétéran des missions sensibles, le stéréotype du « mec qui a servi » – sous-entendu servi son pays quoi qu’il en coûte. Entouré de son équipe et du personnel de la base, il observe à travers ses jumelles le Boeing 747-400 aux couleurs de la RPDC en procédure d’approche. Ancien des services secrets aux états de service impeccables, Mac Call occupe ce poste depuis son retour au pays il y a deux ans. Pour sûr le terrain lui manque et tout ce qui en découle : aventure, adrénaline, filles et argent faciles. Tout ce terreau qui construit les hommes, créé les seules vraies amitiés et transforme les destins. Mais à soixante et un ans, il sait son heure passée et cette dernière affectation n’est pas pour lui déplaire. Il a supervisé la venue des plus grands de ce monde et celle d’incalculables autocrates africains et satrapes centre-asiatiques. Il aime ce boulot bien payé, clair, balisé, sans réel imprévu mais avec les Nord-Coréens on se jette dans l’inconnu. Et ça, l’inconnu, il déteste. « – Si un déséquilibré ou un activiste venait à toucher à un seul cheveu de la coupe au bol de Kim, on s’exposerait à une foutue guerre nucléaire ! Et c’est pas la peine de te rappeler qu’on sauterait tous ! » lui a délicatement rappelé son supérieur ce matin. Alors Mc Call, nerveux, tourne en rond, mâche bruyamment son chewing-gum, manipule ses smartphones et aboie des ordres à ses hommes sur la piste. La pression monte quand il aperçoit depuis les écrans de contrôle l’avion présidentiel atterrir puis décélérer et finir par s’arrêter. Il faut de longues minutes pour que la porte du Boeing s’ouvre et qu’apparaisse l’homme qui effraie le monde libre, celui qui n’a jamais reculé et qui a maintenu, imperturbable, le cap de sa démence face aux puissants. De New-York à Pyongyang en passant par Bamako, Sydney et Varsovie, tous verront un jour ou l’autre ces images du dirigeant honni descendre les marches du Boeing d’un pas sûr, le port martial. Chacun reverra à la télévision, sur écran mobile ou dans les journaux cette scène où le président nord-coréen s’avance sur un tapis rouge suivi d’un essaim de généraux, figurants interchangeables de ce bal même pas masqué.

« – Mais c’est quoi ce bordel ? Il avait dit dix généraux et j’en compte déjà treize. Et il en sort de l’avion encore et encore ! » Mc Call perd le décompte de ces généraux qui portent tous le même uniforme vert olive bardé de médailles, les mêmes casquettes disproportionnées et affectent cet air à la fois contrit, orgueilleux et flétrit. Hors de lui, il balance son talkie-walkie à travers la pièce, éructe, tonne contre ces dingues qui fragilisent le dispositif de sécurité qu’ils avaient patiemment tissé. Rompu aux situations d’urgence, Mac Call revoit ses plans, prospecte, mobilise ses agents et contacte les réservistes pour sécuriser au maximum et dans les plus brefs délais ces soixante-quinze baltringues. En effet, ce ne sont pas moins que soixante-quinze hauts gradés, et non dix comme annoncé aux services protocolaires, en plus des sept ministres, vingt conseillers spéciaux et dix-huit journalistes qui fouleront le sol américain. Il éructe : « – Putain de bâtards ! » Comment pourrait-il avoir une once de respect pour ces généraux de conclaves, ces guerriers de défilés qui n’ont jamais vu l’ennemi que dans des films de propagande en noir et blanc et dont le principal fait d’armes est d’avoir applaudi plus fort que son voisin lors d’un congrès du Parti Communiste ?

Pendant ce temps, le monde entier assiste à la rencontre entre deux univers, deux générations, deux conceptions de la société que tout oppose dans le verbe comme dans l’action. Le Nord-Coréen, pataud, esquisse un bref sourire et serre la main allongée par Sanders. Photographes, cameraman, tous se bousculent pour avoir le meilleur angle de cet échange, réminiscence d’une guerre qui était froide, d’un monde qu’on savait simple. La poignée de main dure, le naturel étire les sourires, des banalités sont échangées et sans que personne ne s’y attende, Kim prend Sanders dans une accolade peu protocolaire. « – Là les gars, on nage en plein délire ! » Mc Call qui a combattu les rouges en Amérique centrale dans ses jeunes années n’en revient pas. Transpirant, la cravate dénouée et l’œil hagard, il déclare, pavillon baissé, qu’il n’oubliera jamais le jour où le pays a été livré aux communistes. C’est le moment choisi par les deux dirigeants pour s’engouffrer dans une limousine, suivis d’un impressionnant convoi et d’un dispositif de sécurité digne de l’arrestation du capo du cartel de Sinaloa.

 

 

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Madison Square Garden, le 23 novembre 2021.

 

A l’origine de la présence de Kim Jong-Un au Madison Square Garden, une vieille promesse faite par Dennis Rodman, le vrai artisan du rapprochement entre les deux nations. Prêchant dans le désert pendant des années, il fut le seul Etasunien à maintenir un contact avec la Corée du Nord à l’époque où Donald Trump parlait de rayer le pays de la carte puis quelques années plus tard après l’échec des négociations qui firent redouter une escalade guerrière. Le seul à avoir toujours été convaincu que ces deux pays avaient plus à partager qu’ils ne le pensaient et qu’arrivera un jour où la paix sera une évidence pour chaque partie. Tout a commencé en 2012 avec un courrier émanant de la République populaire démocratique de Corée qui invitait Rodman à Pyongyang. Une requête délirante qui n’aurait pas retenu son attention si les sollicitations qui lui parvenaient ne se résumaient pas à des piges dans des émissions de télé réalité toutes plus avilissantes ou à des matchs de galas pour anciennes gloires qui se drapaient, pour payer les traites de leurs villas, dans l’excuse d’une cause humanitaire dont ils n’avaient que faire. Après avoir vérifié qu’il ne s’agissait pas d’un canular, Rodman a bondi sur l’occasion, trop excité à l’idée de découvrir ce pays inconnu de tous ses concitoyens et d’y être reçu par un fan de la première heure. A force d’égards immodérés et de petites attentions, le dictateur en a fait son ami et confident, celui avec lequel il pouvait sans aucune crainte parler sport, se défoncer au karaoké, danser sans modération, boire à en oublier qu’il était lui ou rire à gorge déployée sur des sujets triviaux. En plus de ce qu’il apportait à Kim Jong-Un, ce personnage cartoonesque à l’excentricité proverbiale offrait le temps de ses apparitions exotisme et joie de vivre aux Nord-Coréens qui l’adulaient sans bien comprendre qui il avait été. Son entregent unique auprès de Kim finit par éveiller l’intérêt de la nouvelle administration étasunienne laquelle décida de s’en servir comme messager pour prendre langue avec Pyongyang et mettre fin à un conflit qui avait trop coûté. Le pari s’est révélé gagnant : les Etasuniens préféraient un bon nul qu’une victoire à la Pyrrhus, les Coréens une petite victoire qu’une défaite héroïque.

Les avis sur l’invitation de Bernie Sanders à son homologue communiste sont partagés. Si certains comme Ashley, fan de la première heure des Knicks, saluent l’initiative, d’autres trouvent le lieu peu approprié. Diego, croisé à la fin du match : « – Ça me fait mal que mon club et cette enceinte mythique servent de caution à un dictateur ! Moi je suis venu voir un bon match de basket, point. » Ce père de famille d’origine portoricaine qui assure avoir réalisé de nombreux sacrifices pour se procurer son billet peste d’avoir raté le début de l’échauffement à cause des conditions de sécurité drastiques aux abords de l’arène. Toutefois à l’intérieur de la salle de spectacle, le ballon orange et l’implacable loi du sport reprennent bien vite le dessus. En général occupés par des stars hollywoodiennes ou des spectateurs fortunés en mal de sensations fortes, les courtside seats[2] sont réservés pour ce match à Denis Rodman alias Rodman De-Nis[3], son épouse, Michael Jordan, Bernard Sanders et Kim Jong-Un. Juste derrière le « maréchal », deux Coréens aux costumes noirs dont la mine patibulaire et la prise de notes frénétique trahissent la fonction. Devant l’écran du poste de sécurité, Marc Mac Call s’emporte : « – Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien noter d’intéressant ces abrutis ? et prend un accent particulièrement spirituel censé singer les habitants d’une région qui englobe près du tiers de la population mondiale : « – Le généralissime s’est gratté l’oreille à 22h21, c’est le signe qu’il aime son grandissime pays. » Et avant de se coucher ils échangent leurs putains de notes pour être sûrs de ne rien louper de la journée de l’autre cave. » Motivé par les ricanements des trois molosses qui lui servent de collaborateurs, il poursuit sa tirade en conchiant ces débiles, gardes chiourmes et prisonniers d’un système qui les mastique méthodiquement, aucune de ces faces de cul n’étant à l’abri qu’un sombre jour de disgrâce ils tombent avec toutes leurs satanées breloques dans les oubliettes des traîtres à la patrie. Niveau sécurité, Mac Call a mis le paquet pour qu’aucun incident ne vienne ternir la photo de famille : fouilles attentives pour déceler les banderoles ou t-shirts hostiles au despote, policiers omniprésents, figure rassurante et consensuelle de Michael Jordan et enfin interdiction de retransmettre des images de Kim sur écran géant.

Défoncé comme d’ordinaire, on dit qu’il n’a pas été vu à jeun depuis le dernier match de la finale de 98, Rodman arbore pour l’occasion une veste cintrée aux couleurs du drapeau étoilé du plus mauvais goût. Les millions de téléspectateurs qui assistent à l’événement peuvent voir le sexagénaire, casquette, lunettes de soleil et piercings, tenir la main de sa ravissante épouse, glisser un mot à Kim ou faire le pitre devant les caméras. Nommé citoyen d’honneur de la République populaire démocratique de Corée et ministre des Sports, l’ancien champion est l’une des personnalités préférées des Nord-Coréens. En épousant l’année dernière Lee Jae-Hwa, l’étoile montante de la « trap patriotique » de trente ans sa cadette, laquelle lui a donné un petit Bae-Maverick, premier Afro-Américain/Nord-Coréen à voir le jour, il a définitivement scellé son attachement au royaume des Kim. L’ancien meilleur défenseur de la NBA vit maintenant entre leur villa cossue qui domine la baie de Wonsan, leur loft de Pyongyang et sa maison de Los Angeles en attendant son Nobel ou son prix Sakharov. Mais ce que les livres d’Histoire ne mentionneront pas, c’est que la paix entre ces deux puissances nucléaires ennemies résulte de l’orgueil démesuré d’un homme blessé. Cette rencontre au sommet mêlant sport et politique représente sa victoire personnelle sur le show business, les médias, ses ex, ses anciens coéquipiers. Tous ceux qui, lassés de ses frasques et de ses amitiés encombrantes, l’ont lâché après l’avoir porté aux nues. Victoire d’un homme qui crevait de perdre son statut de star, d’être devenu ce bouffon pathétique dont on s’écarte, gêné, et qui ne fait plus rêver aucun gosse depuis des décennies. Avec Kim et la Corée du Nord, il retrouvait les micros, les caméras, les foules, les groupies, l’excitation, cette lumière dont une légende du sport ne peut se passer sans se perdre, sans mourir un peu. C’est plus qu’une victoire qu’il savoure, une revanche. C’est lui, Dennis Keith Rodman, le gamin d’une banlieue pauvre de Dallas abandonné par son père, lui l’éternel lieutenant de Magic Jordan qui attire ce soir  tous les regards et non l’icône du sport US, reléguée au rang de second rôle.

Son pote Kim de son côté, totalement absorbé par ce match assez moyen, est redevenu l’adolescent qui rêvait de NBA et s’entraînait avec un maillot des Bulls sur le dos. D’ailleurs, il n’aura pas échappé aux commentateurs que le dictateur vibre toujours pour les Bulls de Chicago. Le ralenti de Kim bondissant de sa chaise devant le contre du pivot des Bulls, le géant lituanien Lukas Užugiris, sur Shonté Freeman Jr a totalement éclipsé l’action en elle-même. Ses applaudissements nourris et son grand sourire quand les Bulls reprenaient le score sur un tir à trois points de Kris Dunn dans le deuxième quart-temps achèveront de convaincre les indécis. A la vue de ce gros bonhomme souriant qui, à la mi-temps, refait le match avec Sanders un gobelet de bière à la main, difficile d’imaginer le gourou d’une secte de 27 millions d’esclaves, le chef belliciste d’une armée pléthorique, les essais nucléaire, les camps de travail, l’endoctrinement perpétuel, la misère, les pelotons d’exécution et la surveillance généralisée… Après le match, Kim s’est prêté au jeu des questions/réponses auprès d’une journaliste de CNN, intimidée d’avoir en face d’elle l’individu le plus détesté des Etats-Unis qui se révèle d’une gentillesse désarmante. Plutôt à l’aise et s’exprimant dans un anglais correct, il s’est contenté de phrases bateau sur la qualité du match, le bon accueil du peuple étasunien et son pays qui lui manquait. Des phrases creuses qui n’intéresseraient personne si elles n’émanaient du premier dirigeant nord-coréen à se confier à un média occidental. Visiblement rassuré du bon déroulement de la soirée et désireux de rester sur cette impression, Sanders a remercié son partenaire coréen avec effusion et l’a raccompagné prestement jusqu’à sa voiture dans laquelle l’ont rejoint Rodman De-Nis et Jae-Hwa. Sans se presser, le convoi présidentiel s’est éloigné du Madison Square Garden pour un tour de New York by night. Après avoir totalement paralysé la circulation de la ville, les trois amis ont pris des selfies sur Time Square comme n’importe quel touriste avant de rentrer, suivi d’une nuée de drones et de caméras, dans le quartier ultra sécurisé de Long Island où la délégation avait élu domicile.

Indépendamment du traité et des bons sentiments, l’économie américaine se frotte les mains. De la NBA aux chaînes de télévision en passant par les annonceurs, les bookmakers, le Madison Square Garden, les vendeurs de rue ou encore les chaînes de pizzas à emporter, tous ont croqué. On estime ainsi les bénéfices générés par la venue du dernier représentant d’un pays communiste à ce simple match de saison régulière à plus de 400 millions de dollars. Billets verts, chiffres ronds, intermédiaires et financiers à bretelles se révélant les vrais gagnants de cette farce. Etonnant, non ?

 

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Télévision centrale coréenne, le 24 novembre 2021.

Le mont Paetku en fond, Ri Chun-Hee assise derrière une table en verre avec des notes posées près du micro pour seul élément de décoration. Présentatrice vedette de la télévision d’Etat, elle est à 78 ans plus qu’un visage familier pour les tous les Nord-Coréens. Expressive en diable, elle déclare, particulièrement enjouée :

« – Aujourd’hui Kim Jong-Un, président du parti des travailleurs de Corée, président de la commission des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée et commandant suprême de l’armée populaire de Corée, a signé un traité de paix avec le responsable de l’administration américaine dans une ville appelée Camp David. En échange de l’arrêt des essais balistiques dans le Pacifique, les Etats-Unis s’engagent à retirer leurs troupes de Corée du Sud. D’autre part, des accords bilatéraux seront mis en place pour accélérer le développement de notre pays. Le maréchal Kim Jong-Un a déclaré que c’était un grand jour pour la patrie et le peuple nord-coréen. »

L’écran de son shadowphone tout juste sorti de l’atelier replié, Chin-Hae termine sa bière Taedonggang et hésite à en reprendre une autre. Allez, il boira plutôt un verre de suju à la maison en compagnie de sa femme et de son fils. Il remercie le patron, quitte le bar, chevauche sa mono-roue électrique et file dans les rues guillerettes de Hamhung. Sifflant un chant patriotique du répertoire du bien-aimé maréchal, Chin-Hae constate qu’une gigantesque fresque murale représentant la défaite de la vipère capitaliste face aux forces du progrès avait été recouverte dans la nuit, laissant place à une allégorie toute aussi extraordinairement grandiose, mais plus actuelle, de la débâcle à venir des opposants à la réunification. Peu lui importent ces fourbes qui tentent de déstabiliser sa belle République, il a tellement hâte d’arriver à la maison pour partager la nouvelle avec Bon-Hwa et Ji-Jung !

 

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Le monde s’attendait à un changement radical consécutivement au traité de paix et à l’accélération de la politique du « souffle nouveau ». Avec ce voyage diplomatique relayé par tous les médias nationaux, les Nord-Coréens ont entrevu en quelques jours plus de couleurs, d’audace et de chaleur que durant toute leur vie corsetée par l’idéologie mortifère du Juché. Bon-Hwa, le fils de Ji-Jung et de Chin-Hae, petit bonhomme fluet de onze ans aux yeux rieurs, au sourire irrégulier et à la démarche bondissante appartient à la première génération de Nord-Coréens qui ne grandira pas dans la haine de l’ennemi étasunien, cet épouvantail qui a justifié les abus et chantages les plus inhumains. Contrairement à ses parents et grands-parents, Bon-Hwa ne respirera pas sous la menace perpétuelle d’une guerre totale et il est fort probable qu’il connaisse un jour le vent du changement, de la liberté et de la vérité. Il a rejoint récemment les cinq millions de licenciés de la Fédération nord-coréenne de basketball en s’inscrivant dans son club de quartier, le Sapo Basket Club. Sous l’impulsion de Kim, le pays entier ne jure plus que par le ballon orange avec comme fol espoir de remporter les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Aussi, comme beaucoup de ses camarades de classe, il se rendra deux fois par semaine aux entrainements et brillera autant par son assiduité que par son engagement. Comme tous les basketteurs de son âge, Bon-Hwa franchira avec fierté et appréhension les portes du gymnase, son sac de sport sur l’épaule ou à la main. Il saluera son entraineur, passera par le vestiaire, échangera quelques mots avec ses partenaires puis s’aventurera sur le terrain : échauffement, exercices de dribles, de tir en course ou de lancers francs. Seulement, Bon-Hwa ne vit pas dans n’importe quel pays mais en République populaire démocratique de Corée.

 

Les artisans de l’invitation de Kim au match des Knicks assuraient que le sport demeurait le meilleur instrument pour rassembler les peuples, faire tomber les murailles de l’intolérance et in fine amener la démocratie. L’universalité, la fraternité dans une grande farandole où chacun aurait sa chance à condition d’abnégation et de travail. Mais oui, rappelez-vous la diplomatie du ping-pong de Nixon et Mao, Mandela et la coupe du monde de rugby post-apartheid ou Jesse Owens ! Ils oubliaient sciemment le fait que le sport a toujours célébré servilement les desseins fascistes de régimes cherchant à façonner leur homme nouveau. Le buste d’athlète de Mussolini, les Jeux Olympiques d’Hitler, les nageuses soviétiques, la coupe du monde de football de la junte argentine et bientôt celle, déjà ratée, au Qatar. Camp David ou pas, Bon-Hwa ne placardera dans sa chambre aucune affiche de star du basket, ne connaîtra que le nom des joueurs de son pays et ne portera aucun maillot d’une équipe de la NBA. Il ne pratiquera pas ce sport universel pour prendre du plaisir avec ses copains ou marcher sur les traces de ses idoles mais pour ne pas décevoir Kim Jong-Un, son père, son guide, son étoile qui a décidé que le pays deviendrait une nation d’athlètes. Par l’intermédiaire du basketball, il compte réaliser son rêve, le seul rêve que peut s’autoriser un gamin de Corée du Nord. Certains soirs, il se confiera à ses parents gonflé d’espérance : « – Peut-être qu’un jour notre bien-aimé maréchal nous rendra visite dans le club pendant un entrainement… Ou même un match ! Alors il faudra que je me montre digne de sa grandeur et de sa générosité ! »

En dépit de l’ouverture économique et du traité de paix avec l’Occident, la liberté reste rangée bien sagement dans le tiroir des dossiers à remettre au lendemain. Les habitants de la RPDC attendront sans broncher le moment où Kim Jong-Un décidera qu’il est temps qu’ils sachent, qu’ils doutent, qu’ils choisissent, qu’ils espèrent et qu’ils aiment. Ce jour-là, il ouvrira plein de regrets leur cage et les laissera voler de leur propre liberté, certain qu’ils regretteront très vite le doux réconfort de se sentir cajolés, entourés, et de n’avoir à se soucier de rien d’autre que de roucouler pour leur maître.

Détournant pudiquement les yeux du sort inchangé de la population nord-coréenne, les pays de la région et les Etats-Unis, reconnaissants des économies pharamineuses générées par la paix et conscients de la manne financière que représente ce nouveau marché, saluent les efforts de leur « partenaire nord-coréen ». La paix et la sécurité du monde libre impliquent bien quelques sacrifices…

 

 

6 

Oui mais non…

Il était écrit que l’histoire de la République populaire démocratique de Corée ne suivrait pas ce sentier dégagé de tout obstacle, libre de tout virage. Au Nord du 38° parallèle de la péninsule, une simple balle de golf a mis fin de la plus surprenante des manières à la dynastie des Kim. Le battement d’ailes du papillon qu’aucun analyste patenté n’avait anticipé.

Wonsan , le 4 mars 2022.

Rodman De-Nis avachi sur son éléphantesque canapé club en survêtement des Bulls essaye de joindre pour la deuxième fois de la soirée Jong-Un dans un mélange de coréen et d’anglais qui déconcerte toujours ses interlocuteur : « – T’as disparu Bro ? Next week si tu veux on se fait un karaoké » Il regarde l’heure sur son shadowphone : 00h03. Pas envie de se coucher… De-Nis décide de se rouler un joint gros comme le barreau d’un fauteuil Louis XIV puis se saisit d’une des multiples télécommandes qui garnissent l’imposante table basse en acajou.

Va pour Heat, son film préféré. Il ne se rappelle plus bien la date de sortie… 95, 96, peut-être 97 mais sans nul doute à l’époque de sa splendeur, quand il collectionnait les bagues de champion NBA et les couvertures de magazines. Une histoire d’hommes, d’amitié et d’honneur, de braqueurs de haut vol et de flics aux gueules de voyou. Putain quel pied, y’a pas à dire dans les années 90 on savait faire des blockbusters ! Le film démarre, il fait craquer ses doigts, se verse un gros verre de bourbon et se met en position kiff. Etourdi par les vapeurs de marijuana, il perd peu à peu le fil et s’effondre totalement lors de la scène mythique de la fusillade qu’il a regardée tant de fois.

« – M. De-Nis, M. De-Nis. » « – Hummmmmm…. Merde Pyang-So qu’est-ce que tu veux ? » Sans attendre la réponse, De-Nis se retourne dans son canapé face contre la banquette et met un coussin sur ses oreilles. Son majordome se gêne d’insister mais il y a des militaires dehors, « de grands généraux » et ils disent que c’est urgent. Affaire d’Etat paraît-il.  Le ministre des Sports jure, invoque sa pauvre mère et s’assoit péniblement le temps que les auto-tamponneuses qui se percutent dans son cerveau baissent d’un ton. « – Apporte moi une bouteille d’eau bien fraîche et dis leur que j’arrive s’il te plaît. »

C’est un Rodman De-Nis groggy, lunettes de soleil vissées le nez et démarche nonchalante, mais faisant illusion qui sort de chez lui après avoir saisi ses effets personnels dans le brouillard de ses excès. Le comité d’accueil est impressionnant : quatre voitures blindées de hauts gradés. « – Merde quelle connerie j’ai encore faite ? » Devant l’incrédulité de la star, un soldat de plomb les bras collés au corps avance vers lui, le salue respectueusement et réitère ce que lui avait transmis son majordome, insistant pour ne pas qu’il s’inquiète. En quoi peut-il leur être utile dans une affaire d’Etat ? Dans le doute, il envoie un message au président : « – C quoi ce bordel please ? » et prend place dans le premier véhicule du convoi. Quatre militaires vert olive aussi rock qu’un brunch végétalien se décrispent péniblement pour le saluer et enfilent sitôt leur camisole de glace. Ambiance… Ils n’ont pas roulé 5 kilomètres qu’il met sa casquette sur ses yeux, croise les bras et s’endort sans scrupule pour ses codétenus. Ronflant et bavant allègrement, Rodman De-Nis est réanimé par le soldat bardé de médailles qui sert de conducteur deux heures après avoir quitté son éclatante villa qui domine la baie de Wonsan, la « Costa brava socialiste ».

Deuxième réveil difficile de la soirée et toujours aucune nouvelle de Jong-Un. Ca ne lui ressemble pas… On lui ouvre la portière, il déplie sa grande carcasse, suit le général qui lui indique le chemin et observe le bâtiment d’un gigantisme délirant qui lui fait face. Des pylônes, une fresque toute stalinienne, du marbre et une entrée écrasante. Glauque… a fortiori quand sa Rolex indique 4 heures du matin et que seuls les plantons au garde-à-vous et ses accompagnateurs (ravisseurs ?) osent mettre le nez dehors. Un frisson, il déglutit, rajuste sa casquette de l’équipe de baseball nord-coréenne et s’essaye à donner le change. Quitte à se faire exécuter pour haute trahison ou je ne sais quoi, autant se montrer digne. Malgré le contexte, la déférence des généraux à son égard tendrait à indiquer qu’il n’a rien à craindre. Des pas qui résonnent, toujours pas un mot d’échangé, du marbre, beaucoup de marbre. L’impression de n’être qu’une bille qui glisse sur le marbre d’un pouvoir qu’il considère pour la première fois comme redoutable. « – Wao pas mal l’endroit, vous pas faire pas chier guys ! » Ses hôtes, l’air renfrogné, feignent de n’avoir rien entendu, ce qui le stresse d’avantage. Les bad trips n’ont pas manqué dans sa carrière de noceur invétéré : des réveils chez des inconnues, dans des toilettes de boîtes, une overdose, deux même, mais là… D’ailleurs il ne sait même pas où il se trouve puisque trop écrasé par l’atmosphère du lieu il n’a pas songé bon de lire la devanture. Après une promenade interminable dans des couloirs démesurément larges et pompeux, la petite troupe prend l’ascenseur. 5° étage. De nouveau des couloirs sans fin, les pas qui résonnent, des sentinelles le doigt sur la couture du pantalon. Puis soudain ça y est, une lourde porte à double battant s’ouvre sur Rodman et la quinzaine de généraux qui le suit depuis sa villa.

Rodman De-Nis est invité par les trois généraux qui les attendaient à s’asseoir sur un des fauteuils en tissu rouge disposés derrière une table en bois laqué de gigantisme. Le sordide du lieu à peine relevé par les décorations en bois poli de paysages kitchs censés représenter la luxuriance de la Corée. On s’enquiert de son état, on lui propose une boisson. « – Vous avez du Coca ? » « – … » « – Je déconne, un soda please. » Cinquante-six secondes plus tard, une boisson orange bulleuse lui est apportée par un jeune costumé ingrat au regard fuyant. Il se demande depuis combien de temps ces trois généraux patientent, leurs traits sont tirés à la limite du raisonnable, leurs yeux rougis par le manque de sommeil. Scène improbable : lui le basketteur fantasque, la pop star déchue au milieu de ces hauts responsables de l’armée la plus crainte d’Asie sans le tampon que représente son ami Jong-Un. Alors que celui qui semble être le chef d’Etat-major ou un équivalent prend maladroitement des nouvelles de son épouse, le militaire assis à sa droite, un vieillard chétif surplombé par une casquette qui pourrait à tout moment l’absorber, craque et chouine comme un gamin, bientôt suivi d’un autre. Et encore d’un autre. « – Mais c’est quoi le délire ? » Les généraux les plus respectés du pays geignant de manière pitoyable, à grosse gouttes, la morve au nez, projetant des cris risibles… Le chef d’Etat-Major se retient théâtralement et récite la leçon, droit comme un I : « – Monsieur le ministre… Au nom… Je tiens à vous annoncer… M. Kim Jong-Un, président du parti des travailleurs de Corée, président de la commission des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée et commandant suprême de l’armée populaire de Corée est décédé ce soir d’un arrêt cardiaque lors de l’inauguration du deuxième parcours de golf du… » S’étant contenu aussi longtemps qu’il le pouvait, le généralissime cède à l’accablement ambiant, tombant à genoux, la casquette sur la poitrine, le bec ouvert au désespoir. « – Le délire total ! »

Les voilà qui dégorgent en cœur leur souffrance apocalyptique. Un général massif plus à droite encore se tape la tête sur la table, un autre se roule par terre et pédale en l’air tandis que des casquettes tombent et qu’il pense même voir une chaussure voler au-dessus de sa tête. De-Nis, lui, se tasse dans son fauteuil pour se faire oublier plus que réfléchir au pourquoi du comment. Combien de temps écoulé avant qu’ils ne se calment ? Trois minutes, dix, trente ? Impossible à dire tant l’absurde le clouait à son siège, lui cousait la bouche de terreur inexplicable. Le général se reprend : «  – Notre bien-aimé maréchal… Désolé… Il se passe la main sur le visage et se racle la gorge… Notre bien-aimé maréchal avait signé un testament le jour de son intronisation le 17 décembre 2011 qui a été actualisé à plusieurs reprises lors de son glorieux mandat. Ce document stipulait que s’il venait à trépasser, vous devriez assurer la transition. » Tous les généraux, les larmes déjà sèches, se lèvent et dans un « le roi est mort, vive le roi » l’applaudissent à feu nourri. Les corps de ces automates vieillis par l’ennui et les responsabilités s’orientent vers leur nouveau soleil battant de leurs petites mains énergiques. La mâchoire totalement détachée du reste du visage, Rodman De-Nis s’affaisse jusqu’à ce qu’il n’y ait que sa casquette de basket qui dépasse de la table. « – HOLY SHIT… »

 

Récit d’anticipation imaginé par Jérémie Jonas, octobre 2017

 

[1] Tenue traditionnelle que les femmes coréennes portent pour les occasions

[2] Sièges prisés situés sur les bords du terrain de basket pouvant coûter plusieurs milliers d’euros la place

[3] En Corée, le nom de famille précède le prénom

 

 

 


CUMINGS Bruce, Mémoires de feu en Corée du Nord, décembre 2004.

Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/CUMINGS/11732

Pour ne pas oublier la sauvagerie des bombardements étasuniens qui frappèrent toutes les villes du Nord pendant la guerre de Corée.

 


 

FRANCOIS Pierre-Olivier, Corée, l’impossible réunification, 55 minutes. Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=ksC3Gpi631g

 

Ce très bon documentaire en deux volets montre à quel point la séparation reste un traumatisme au Nord comme au Sud, chaque camp étant conscient que la réunification se fera un jour.

 


 

 

Corée du Nord – Vue de l’intérieur, 82 minutes. Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=fcYZBvhoiaE

Pour la scène de la patinoire totalement surréaliste. Svp regardez bien tous les figurants sur la glace et pas seulement le type en costard aux abois (29° minute). Egalement les croquantes scènes de la banane (45mn)  du repas familial (1h13 mn)

 


 

CLEMENT Theo, ZES en Corée du Nord, article disponible sur : www.diploweb.com/ZES-en-Coree-du-Nord.html

 

Pas très récent mais permet de comprendre l’importance des Zones Economiques Spéciales pour le régime.

 


 

Musique pour aller au front : www.youtube.com/watch?v=pZiVWXjsaJg

 

 

 


 

 

 

Parce qu’on ne s’en lassera jamais…  http://www.youtube.com/watch?v=mSLJYbhXCkE

 

 

 

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